×
© Yair Haklai

Besiktas-Maccabi Tel Aviv : un match déplacé qui met en lumière l’inaction de la FIFA et de l’UEFA envers Israël

Le match opposant ces 2 équipes en UEFA Europa League aura lieu ce jeudi 28 novembre. L’UEFA a décidé de déplacer la rencontre à Debrecen en Hongrie. Besiktas avait annoncé vouloir que le match se joue dans un pays neutre pour des raisons de sécurité.

Une image contenant plein air, voiture, Véhicule terrestre, ciel

Description générée automatiquement
© Yair Haklai  

Les raisons de cette délocalisation sont extra-sportives et témoignent des difficultés  sécuritaires que la Fifa et L’UEFA rencontrent à faire jouer les équipes israéliennes à l’étranger. La décision de ne pas jouer le match à Istanbul était prise avant que de violents heurts entre supporters aient lieu à Amsterdam. Les ressentiments turcs envers Israël et la présence des Maccabi Fanatics avaient tout pour résulter à un cocktail explosif dans les rues d’Istanbul. 

Un sentiment anti-Israël grandissant en Turquie

Les Turcs ont directement montré leur mécontentement contre les crimes inhumains dont sont auteurs l’armée et l’État d’Israël envers la Palestine. En juillet, Erdogan avait même laissé sous-entendre que la Turquie pourrait intervenir en Israël, sans préciser de quel type d’intervention il parlait. Le gouvernement turc a également encouragé d’importantes manifestations anti-Israël. En octobre 2023, les autorités israéliennes avaient conseillé à leurs ressortissants et diplomates présents en Turquie de quitter le pays.

Historiquement, le Hezbollah est un ennemi de la Turquie, mais,  par exemple, lors de la mort d’Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, la presse turque a refusé de féliciter et de fêter la mort d’un de leurs plus grands ennemis. Les Maccabi Fanatics ont eu du mal à se tenir correctement à Amsterdam, ce qui a provoqué la colère des locaux. S’ils avaient provoqué de la même manière le peuple turc ce jeudi, la soirée aurait tourné au cauchemar.  

Les Maccabi Fanatics, un groupe problématique

Les Maccabi Fanatics, le principal groupe ultra du Maccabi Tel Aviv, est un groupe d’extrême droite et compte plusieurs débordements à leur actif. leur racisme ne date pas d’hier, ils étaient déjà connus pour avoir lancé des chants racistes contre Maharan Radi (joueur du club entre 2012-2015), car il était arabe. Ils ont également rempli la ville de tags anti-arabe, comme « nous ne voulons pas d’Arabes au Maccabi » depuis ces protestations, aucun joueur arabe n’a signé au club.

En 2020, les membres du Maccabi Fanatics ont attaqué un cortège de manifestants anti-Netanyahou. lors du déplacement à Athènes en mars dernier pour le match contre l’Olympiakos, des membres du Maccabi Fanatics ( encore eux) ont passé à tabac un ressortissant égyptien qui se baladait avec un drapeau palestinien dans les rues de la ville. En aout, les ultras ont affiché une banderole dans leur tribune qui disait « un enfant israélien vaut plus qu’un enfant palestinien » (https://x.com/leylahamed/status/1826662875072790895).

Et enfin, avant les heurts avec des Néerlandais à Amsterdam, le groupe a agressé des passants et un chauffeur de taxi, ils ont arraché des drapeaux palestiniens. Ils ont également lancé des chants anti-arabes et contre la Palestine comme : «  Que Tsahal gagne et nique les Arabes ! » « Il n’y a pas d’école à Gaza parce qu’il n’y a plus d’enfants ». Ce soir-là, une vingtaine de plaintes ont été déposées envers les supporters du club israélien. Ils ont également perturbé la minute de silence en mémoire des victimes des inondations en Espagne. 

La FIFA et l’UEFA (trop) neutre par rapport au génocide palestinien ?

Depuis 2022, la Russie est bannie des compétitions organisées par la FIFA et l’UEFA en raison de son invasion militaire en Ukraine. Ce précédent a montré que les instances sportives peuvent prendre des mesures fortes lorsque des nations sont impliquées dans des conflits violant le droit international. Pourtant, Israël, malgré les accusations de violations des droits humains dans les territoires palestiniens, continue de participer aux compétitions internationales sans restrictions. 

Pour rappel, le bilan du génocide palestinien aujourd’hui c’est : 44 000 morts ( dont plus de 14 000 enfants), 104 000 blessés, 10 000 personnes portées disparues, 1,9 millions de palestiniens déplacés à multiple reprise et, dans la bande de Gaza, un enfant est tué ou blessé toutes les 10 minutes. On peut ajouter à ce triste bilan les 3500 personnes tuées par l’armée israélienne au Liban. Et si on veut rester dans le football, 341 footballeurs palestiniens (dont le sélectionneur de l’équipe olympique) et 6 footballeurs libanais ont été assassinés par Israël. La semaine dernière c’est Celine Haidar une footballeuse membre de l’équipe nationale libanaise qui est tombée dans le coma suite à un bombardement israélien.

Les sanctions semblent impossibles à envisager, notamment en raison du poids diplomatique de certains alliés influents, comme les États-Unis et l’Union européenne.

Cette asymétrie perçue contribue à renforcer les tensions sur le terrain et dans les tribunes. Déplacer le match en Hongrie ne résout pas cette question de fond : pourquoi certaines nations sont-elles sanctionnées immédiatement, tandis que d’autres échappent à de telles mesures malgré des contextes similaires ?

Auteur/autrice

Laisser un commentaire