Art et argent : un marché opaque.
Art ou argent ? La question de la transparence dans le marché de l’art revient sur le devant de la scène.
Le peintre écossais, Peter Doig, avait déjà critiqué le manque de clarté des transactions dans ce secteur, dans une interview pour le Guardian durant l’été 2024, affirmant que son travail est vendu à des millions de dollars mais seulement une petite partie de cette somme lui revenait. Cette opacité, couplée à l’exploitation financière des œuvres est également au centre du documentaire sorti en 2018, « The Price of Everything » de Nathaniel Kahn, qui explore l’art comme marchandise et les inégalités qui en découlent.
Dans son documentaire, en 2018, Kahn va plus loin, interrogeant la tension entre création artistique et capitalisme. À travers des témoignages d’artistes comme Jeff Koons ou Njideka Akunyili Crosby, il met en lumière la pression croissante exercée par le marché pour produire des œuvres « bankables », souvent au détriment d’une vision artistique personnelle. En parallèle, des collectionneurs et maisons de ventes illustrent comment l’art est devenu un actif spéculatif, perdant parfois son essence spirituelle.
L’anonymat des acheteurs et la non-divulgation des prix réels favorisent la spéculation financière et les pratiques d’évasion fiscale. Une fois leurs œuvres vendues, les artistes perdent tout contrôle sur leur destin. À titre d’exemple, leurs créations peuvent être stockées des années pour gonfler artificiellement leur valeur ou revendues sans qu’ils n’en tirent aucun bénéfice. Si certaines juridictions, comme la Belgique, ont instauré un droit de suite permettant aux artistes de toucher un pourcentage lors des reventes, cette protection reste absente dans des pays comme les États-Unis par exemple.
Si certains artistes percent, la majorité lutte pour survivre et donc une autre question se pose : une œuvre enfermée dans un coffre, destinée à n’être qu’un investissement, conserve-t-elle encore une valeur artistique ?
Ce débat, appelle à une réflexion urgente sur l’avenir d’un marché où l’argent, plus que la création, semble dicter les règles.


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