×

Liberté de la presse : un naufrage mondial orchestré par les puissants

La liberté de la presse est en train de s’effriter à une vitesse alarmante. Partout dans le monde, les régimes autoritaires, les multinationales et les milliardaires s’acharnent à étouffer les voix discordantes. L’objectif ? Imposer un récit unique, conforme à leurs intérêts et réduire les médias au rang de simples instruments de communication. Loin d’être une dérive accidentelle, cette offensive est une stratégie concertée pour museler le journalisme d’investigation. Le récent tweet de Jeff Bezos au Washington Post, la censure à l’Associated Press sous Trump ou encore la persécution judiciaire d’une journaliste belge par la ville d’Andenne, illustrent un phénomène global : la presse libre est en train de devenir une espèce en voie de disparition.

Jeff Bezos : de livreur de colis à distributeur de censure

L’homme qui a transformé les librairies en hangars de stockage, applique désormais la même méthode au Washington Post. Son dernier coup de génie ? Modifier la ligne éditoriale du journal pour qu’il devienne un fan club du capitalisme. En effet, le 26 février 2025, il a annoncé sur son compte X un virage éditorial au Washington Post, affirmant que le journal défendrait dorénavant deux piliers : « les libertés personnelles et les marchés libres ». Traduction : toutes les critiques envers Amazon, ses pratiques fiscales douteuses ou ses conditions de travail inhumaines seront systématiquement écartées des pages d’opinion. Exit l’objectivité, place à la propagande capitaliste.

Bref, si vous vouliez lire un débat d’idées équilibré, passez votre chemin. Désormais, le Washington Post servira uniquement des louanges à la sauce ultra-libérale et gare à celui qui oserait dire qu’Amazon broie ses employés plus vite qu’un carton d’emballage. Ceux qui s’attendaient à ce que le Washington Post reste un contre-pouvoir indépendant doivent se rendre à l’évidence : la concentration des médias entre les mains d’ultra-riches met en péril la démocratie. Lorsqu’un média devient le porte-voix de son propriétaire, le journalisme crève sous la botte du profit.

Publié sur X.com le 26 février 2025

Aux États-Unis, l’étranglement de la liberté de la presse ne se limite pas aux conglomérats privés.

Donald Trump n’a jamais caché son amour pour la presse libre… aussi libre que possible d’écrire des louanges sur lui. Son dernier caprice ? Bannir l’Associated Press de la Maison-Blanche et de l’Air Force One parce qu’ils ont refusé de renommer le « Golfe du Mexique » en « Golfe d’Amérique ». Oui, vous avez bien lu. Un président des États-Unis qui veut redessiner les cartes et punir ceux qui refusent d’applaudir.

Pour justifier cette censure, l’administration Trump a sorti un argument digne d’un sketch comique : « Le président peut donner des interviews à qui il veut, donc il peut aussi choisir qui couvre ses déplacements. » Ah, bien sûr ! Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas créer un casting pour être journaliste accrédité ? Premier critère : adorer Trump. Deuxième critère : être capable de poser des questions du type « Monsieur le Président, comment faites-vous pour être si génial ? »

En restreignant l’accès aux journalistes critiques, l’ex-président a transformé l’information en un privilège accordé aux médias complaisants. La stratégie est simple : délégitimer la presse indépendante et favoriser les relais serviles. Cette offensive contre l’AP n’est pas un cas isolé, mais une tendance lourde qui, sous prétexte de modernisation, revient à donner à un chef d’État le pouvoir de choisir qui peut ou non l’interroger, la presse cesse d’être un contre-pouvoir et devient un simple outil de communication présidentielle. Une démarche digne des régimes autoritaires les plus décomplexés.

En Belgique, l’argent publique contre la liberté de la presse

En Belgique, la ville d’Andenne a décidé que les journalistes trop curieux méritaient un procès. Leur cible ? Mélanie De Groote, une journaliste coupable d’un crime terrible : avoir écrit un portrait peu flatteur de l’ancien bourgmestre, Claude Eerdekens. Officiellement, l’article était jugé « diffamatoire », mais en réalité, il ne faisait que révéler des faits dérangeants sur un homme de pouvoir. Résultat : la commune a mobilisé l’argent des contribuables pour l’assigner en justice dans une procédure-bâillon.

Le plus scandaleux dans cette affaire ? Ce n’est pas un individu qui attaque la journaliste, mais une institution publique, financée par l’argent des citoyens. Si une ville peut utiliser des fonds publics pour faire taire un journaliste, quelle sera la prochaine étape ? À ce rythme, on risque bientôt de voir des « zones interdites au journalisme » dans certaines maisons communales, comme des panneaux « chiens interdits » à l’entrée des plages.

Bienvenue dans l’ère de l’info fast-food

Alors voilà où on en est : la presse devient soit un panneau publicitaire pour ultra-riches, soit un jeu du chat et de la souris avec des gouvernements rancuniers. L’info, c’est comme un fast-food maintenant : vite fait, pas trop dérangeant, avec une bonne dose d’édulcorant pour plaire à tout le monde. Heureusement, certains médias indépendants refusent de se museler et continuent malgré les pressions à proposer une information de qualité. Et nous, citoyens, on fait quoi ? On continue à avaler ces « infos » prémâchées ou on se bat pour une presse qui ose encore poser des questions qui fâchent ? Parce que si on laisse ces Bezos, Trump et autres politiciens en crise d’ego dicter la loi, on va finir avec un monde où la vérité est une option premium réservée à ceux qui payent l’abonnement.

Il est encore temps de résister

Face à cette hémorragie, il est crucial de soutenir les médias indépendants, de promouvoir le pluralisme et de défendre les journalistes attaqués en justice. Les citoyens ont aussi un rôle à jouer en exigeant des sources fiables et diversifiées. Le journalisme est un contre-pouvoir indispensable. Protéger son indépendance, c’est garantir une démocratie vivante et une information qui ne soit pas un simple produit aux mains des puissants.

Auteur/autrice

  • Adrien Goffin

    Étudiant en troisième année de journalisme, je décrypte l’actualité avec un regard affûté et engagé. Spécialisé en géopolitique, j’analyse les dynamiques internationales pour en révéler les enjeux cachés. Que ce soit sur le terrain ou à travers mes écrits, je cherche à informer avec rigueur et clarté.

    Voir toutes les publications

Étudiant en troisième année de journalisme, je décrypte l’actualité avec un regard affûté et engagé. Spécialisé en géopolitique, j’analyse les dynamiques internationales pour en révéler les enjeux cachés. Que ce soit sur le terrain ou à travers mes écrits, je cherche à informer avec rigueur et clarté.

Laisser un commentaire