Un sous-marin nucléaire américain contraint de rebrousser chemin faute de carburant
Coup dur pour l’US Navy : le USS Delaware (SSN-791), un sous-marin nucléaire d’attaque de classe Virginia, pièce maitresse de la dissuasion nucléaire américaine, s’est retrouvé bloqué au large de la Norvège après s’être vu refuser du carburant par Haltbakk Bunkers (HB), l’un des plus gros fournisseurs de fuel maritime du pays. Une simple décision commerciale ? Pas du tout. C’est un message politique cinglant.
« No Fuel to Americans! »
Dans un communiqué publié sur leur compte Facebook le 1 mars 2025, Haltbakk Bunkers a annoncé qu’il ne fournirait plus une seule goutte de carburant aux navires militaires américains, dénonçant ce qu’il qualifie de « spectacle télévisé désastreux » orchestré par Washington. L’entreprise a salué la retenue du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et appelé les autres fournisseurs européens à suivre son exemple.
Il est important de noter que la publication a ensuite été rapidement supprimée.
Cette décision intervient après l’attitude jugée inappropriée du président américain Donald Trump lors d’une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon le propriétaire de l’entreprise, Trump aurait affiché un comportement irrespectueux et aurait transformé l’événement en un « spectacle désastreux », ce qui a poussé Haltbakk Bunkers à prendre ses distances avec la politique américaine.
Un appel à la solidarité européenne
Le dirigeant de Haltbakk Bunkers a également encouragé d’autres fournisseurs européens à suivre son exemple en cessant tout approvisionnement en carburant des navires militaires américains. Une telle mesure pourrait avoir des répercussions importantes sur les opérations navales des États-Unis en Europe et renforcer la pression sur Washington concernant sa gestion du conflit en Ukraine.
Le refus de Haltbakk Bunkers de ravitailler un sous-marin nucléaire américain en pleine opération envoie un signal fort : l’influence des États-Unis pourrait bien être en train de s’effriter en Europe. Si d’autres fournisseurs suivent cette initiative, l’US Navy pourrait faire face à des complications logistiques majeures.
Ce geste marque-t-il le début d’un mouvement de désobéissance économique face à la politique étrangère américaine ? Ou n’est-ce qu’un coup de com’ destiné à faire parler d’une entreprise norvégienne ? Une chose est sûre : voir un sous-marin nucléaire américain coincé en mer faute de carburant, c’est une image que Moscou et Pékin n’oublieront pas de sitôt.
Réponse du ministre de la Défense norvégien
Mais face à cette controverse, le gouvernement norvégien a rapidement réagi. Le ministre de la Défense, Tore O. Sandvik, a tenu à clarifier la situation dans un communiqué officiel publié le 2 mars 2025 :
« Nous avons pris connaissance des informations soulevant des inquiétudes quant au soutien apporté aux navires de l’US Navy en Norvège. Cela ne correspond pas à la politique du gouvernement norvégien. Je peux confirmer que tout le soutien demandé a été fourni. Les États-Unis et la Norvège entretiennent une coopération de défense étroite et solide. Les forces américaines continueront à recevoir les approvisionnements et le soutien dont elles ont besoin de la part de la Norvège. »
Cette déclaration vient contredire directement la position de Haltbakk Bunkers, laissant planer le doute sur une potentielle divergence entre les politiques gouvernementales et les décisions des entreprises privées.
Une tension globalement croissante entre les États-Unis et leurs alliés
Cette initiative reflète une tendance plus large au sein de l’Europe, où certains acteurs, qu’ils soient gouvernementaux ou issus du secteur privé, expriment leur désaccord avec la politique étrangère américaine. Si d’autres entreprises venaient à imiter Haltbakk Bunkers, cela pourrait compliquer la logistique militaire des États-Unis et témoigner d’une fracture grandissante entre Washington et ses partenaires européens.



Laisser un commentaire