Conclave: les enjeux d’un nouveau chef à la tête de l’église catholique
Un conclave est un événement rare et historique qui marque un tournant dans l’histoire de la religion, suivant le décès ou la démission du souverain pontife en place. L’élection d’un nouveau pape engage énormément de bouleversements que ce soit interne à l’église ou au niveau géopolitique. Comment se déroule cette tradition entourée de mystères et qu’est-ce que cela implique concrètement ?
Le conclave, du latin « cum clave », qui signifie avec clé, tient son nom du fait que tous les cardinaux électeurs se retrouvent enfermé à clé jusqu’à l’élection du nouveau pape, cette tradition date du XIIIe et perdure encore aujourd’hui. Les participants à ce vote sont les cardinaux électeurs qui doivent élire le successeur à la tête de l’église, seuls ceux de moins de 80 ans participent au rituel, ils étaient 115 en 2013 pour l’élection de François et ce nombre a augmenté jusqu’à 135 aujourd’hui pour assurer sa succession.
Suite à l’annonce du décès du pape, les cardinaux du monde entier se rassemble au Vatican pour les funérailles avant le commencement du vote, ils logent dans la maison Sainte-Marthe et sont placés sous stricte surveillance. Une fois le conclave lancé, ils ne sortent plus que pour faire des allers-retours entre leur logement et la Chapelle Sixtine ou se déroule l’élection. Ils doivent rester coupé du monde extérieur et n’avoir aucunes interactions avec d’autres personnes. Les cardinaux votent une fois le matin et une fois l’après-midi, lorsque qu’un tour de vote n’est pas concluant, un deuxième à lieux immédiatement, ce qui peut faire monter à quatre le nombre de scrutins en une journée. Pour annoncer le verdict au monde, une fumée sort de la cheminée, noir en cas d’échec et blanche en cas de résulta concluant du scrutin. Dès lors, le pape est présenté au monde avec la célèbre phrase « Habemus Papam ».

Un aspect souvent moins visible sont les enjeux qu’implique l’élection d’un nouveau pape, cela va de la gestion interne de l’église catholique aux enjeux politiques et internationaux.
Il y a d’abord les enjeux internes, l’église catholique rencontre des gros défis de structure et le nouveau souverain est souvent attendu comme un réformateur ou un gardien selon les attentes de ses fidèles et des cardinaux. Il y a la gestion de la Curie Romaine, organe administratif central du Vatican et souvent critiqué pour son manque de transparence, son manque d’efficacité et certaines affaires de corruption. Il y a également un des défis les plus grave de l’église moderne qui est la crise des abus sexuels, le nouveau pape devra poursuivre ou intensifier la lutte contre ces scandales et renforcer les procédures de signalement, en 2019, François a convoqué un sommet mondial à ce sujet au Vatican.
Il y a également les enjeux doctrinaux, le pape est le garant de la doctrine catholique et sa parole influence la vie de millions de personnes à travers le monde, l’équilibre entre fidélité à la tradition et adaptation au monde contemporain est un enjeu majeur. De nombreux sujets liés à la famille ou à la sexualité en sont l’exemple, l’accueil de divorcés remariés à la communion ou la position sur l’homosexualité. Le nouvel élu pourrait continuer à faire évoluer certaines positions… ou faire marche arrière.
La place de la femme au sein de l’église est également un sujet régulièrement remis sur la table, bien qu’elle joue un rôle dans la vie quotidienne de l’église, leurs responsabilités restent très limitées.
Le pape est aussi une figure politique et diplomatique mondiale, il agit en tant que chef d’état officiel du Vatican et peut avoir de l’influence sur de grands enjeux internationaux. Il y a un enjeux de paix et de dialogues interreligieux, le pape François a renforcés les liens notamment avec l’Islam et à milité pour la paix dans plusieurs zones du monde comme l’Ukraine ou l’Afrique, son successeur risque de devoir s’engager dans des crises encore plus complexe. Cela engage aussi la nationalité du nouveau pape, les catholiques du continent africain, asiatique et latino-américain représentent une part croissante des fidèles, un souverain originaire de ces régions pourrait refléter un souffle nouveau au seins de cette religion.
Tout ces enjeux reflète le clivage au seins des fidèles de l’église entre les tendances progressistes et conservatrices, ces séparations se sont fortement accentuées sous le règne de François, certains cardinaux ont publiquement critiqué ses orientations, tandis que d’autres appellent à aller plus loin dans la réforme. Le prochain pape devra soit apaiser ces tensions, soit trancher plus nettement en faveur d’un camp.
Le conclave est un rituel ancré dans l’histoire et chargé en traditions mais qui doit trancher avec des défis contemporains majeurs, l’arrivée du nouveau pape va être déterminante pour la direction et les positions que vont prendre l’église pour de nombreuses années à venir.



Laisser un commentaire