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Inondations en Espagne : à qui la faute ?

Les inondations de ces derniers jours en Espagne ont ces caractères exceptionnels que sont l’intensité, la durée et l’étendue. En effet, avec des pointes à 700mm de précipitations tombées en 24h, l’épisode a duré 5 jours, s’étalant du 30 octobre au 4 novembre. Les zones touchées se situent à vrai dire presque tout le long de la côte méditerranéenne espagnole, allant de Murcie à Barcelone.

Le bilan humain et les scènes de destruction à Paiporta

Le paroxysme de l’épisode s’est cependant passé dans la région de Valence. La ville a été durement touchée, à un point encore jamais vu en Europe occidentale. Avec des mètres de boue dans les rues, les secours qui ont peiné à arriver et les parkings souterrains pour la plupart encore inondés, la situation est loin d’être finie pour les habitants de cette région.  Le bilan est lourd : on ferait état pour l’instant de 219 morts et de 2000 disparus, dont les chances de survie diminuent jour après jour. 

Entrée d’un parking souterrain complètement inondé @Kimi_WCH

Les images des habitants de la petite ville de Paiporta (banlieue sud de Valence) détruisant la voiture du premier ministre en déplacement sur les lieux sont marquantes : on croirait voire une scène dans un film de science-fiction. Mais alors, avons-nous affaire à une « catastrophe climatique » qui ne serait jamais arrivée sans le réchauffement climatique ou à un simple aléa de la météo ? Est-ce que l’urbanisme de Valence a eu un rôle à jouer ?

Une catastrophe climatique ou un simple aléa météorologique ?

Après de graves inondations dans les années 50, la ville de Valence a décidé de dévier le fleuve afin de contourner le centre-ville par le sud.  Les urbanistes à l’époque pensaient que la ville allait se développer plus au nord, cependant, la ville s’est étendue tout autour de cette déviation. Des quartiers résidentiels s’y sont donc implantés, mais également de grands centres commerciaux qui, à cause de leurs parkings, ont une empreinte au sol très élevée. La zone a donc été massivement bétonnée, ce qui ne permet pas à l’eau de s’infiltrer ou de s’évacuer correctement, causant des dégâts matériels et humains.

Il faudra plusieurs semaines encore afin de déterminer la part exacte du réchauffement climatique dans cette catastrophe, mais il est difficile de l’imaginer nulle. La mer Méditerranée et l’air étant plusieurs degrés plus chauds que les normales, cela ne peut qu’avoir un impact sur les quantités d’eaux qui sont tombées sur l’Espagne ces derniers jours. Cependant, attention à ne pas faire de raccourci : le phénomène qui a causé la catastrophe s’appelle une goutte froide. C’est une masse d’air froide en altitude qui interagi avec l’air chaud plus bas, ce qui cause des intempéries. Ce phénomène bien connu a toujours existé, surtout à cette période de l’année au-dessus de la méditerranée. Le réchauffement climatique vient donc aggraver la situation existante, mais il ne créé pas entièrement cette dernière.

Au final, c’est une combinaison de facteurs humains et climatiques qui ont mené à la situation espagnole. Une chose est certaine : si l’on veut empêcher la récurrence de tels événements, il faut modifier la manière dont on construit les villes, modifier la manière dont on gère les cours d’eau et, bien sûr, diminuer nos émissions de CO2. 

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