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Climat : où en sommes-nous ?

Cela fait maintenant 12 mois consécutifs que la Belgique subit des précipitations supérieures à la normale. Si la station de Uccle dépasse les 1000mm avant le 31 décembre (ce qui est plus que probable), ce sera la première fois que trois années parmi quatre consécutives franchissent la barre des 1000 mm (2021, 2023 et 2024). Autant d’occurrences en quatre ans qu’entre 1833 et 1964, en plus d’un siècle.

On peut également mentionner les pluies torrentielles, entre 500 et 1000% des précipitations annuelles, qui sont tombées en plein milieu du Sahara, allant jusqu’à ressusciter des lacs dont on ne connaissait l’existence que grâce à l’étude des sols, et verdissant des parties du désert qu’on n’avait jamais vues vertes de mémoire humaine.

Observez ici l’évolution de la végétation de cette partie du Sahara en l’espace d’un an. De telles anomalies statistiques posent question.Pour l’instant, la communauté scientifique ne s’est pas encore accordée sur ce qui a pu causer cela. Cependant il ne fait nul doute que le réchauffement climatique, qu’il soit ici une cause ou une conséquence, y est impliqué.

Observez ici l’évolution de la végétation de cette partie du Sahara en l’espace d’un an. De telles anomalies statistiques posent question. Pour l’instant, la communauté scientifique ne s’est pas encore accordée sur ce qui a pu causer cela. Cependant il ne fait nul doute que le réchauffement climatique, qu’il soit ici une cause ou une conséquence, y est impliqué.

Une autre donnée, plus intrigante encore, vient chambouler le « système terre » : la température des océans. En effet, ces deux dernières années ont été hors du commun. Depuis mars 2023, la température moyenne mondiale des océans a battu tous les jours ses anciens records, et ce pendant plus d’un an. Les océans sont au cœur de notre climat : une modification aussi importante de leurs températures ne saurait qu’avoir des conséquences, le problème étant qu’il est très difficile de savoir exactement quelles conséquences cela entraînera.

Cette illustration, tirée de l’Institut du changement climatique de l’Université du Maine,montre bien que la température des océans dans le monde, pendant les années 2023 et 2024, ont significativement augmenté de manière soudaine. Cela a des répercussions sur la vie marine et le climat. Encore une fois, on ne sait pas réellement expliquer les causes de ce soudain réchauffement des océans.

L’explosion du volcan Hunga Tonga dans le sud-ouest du Pacifique en 2022 et l’interdiction des dégagements de soufre pour les bateaux (le soufre ayant un effet refroidissant sur le climat) à partir de 2020 sont deux causes valables et encore actuellement étudiées.

On se souvient pourtant encore, du torride été 2022 en Europe. Sécheresse et records de chaleurs faisaient alors la une des médias. En août 2022, le Rhin avait atteint son niveau le plus bas jamais enregistré aux Pays-Bas, l’Europe entière souffrait de sécheresse, avec des incendies dévastateurs, notamment dans les Landes en France et même jusque dans le forêts de Bretagne. L’image de la dune du Pilat, engloutie sous un épais nuage de fumée, reste encore dans toutes les têtes.

Pourtant durant ces derniers mois- voire années, vous en conviendrez, plus personne ne parle de sécheresse. Le risque de période sans pluie n’existerait plus alors ? L’échelle du climat se compte en plusieurs dizaines d’années. Que ce soit pour la pluie excédentaire de ces derniers mois ou pour les sécheresses, il n’est pas possible de déterminer une « tendance », un changement durable du climat, sur base de deux ou trois années.

Il est essentiel de rappeler que, même si le réchauffement climatique n’est pas la cause directe de ces événements (sécheresses, inondations, cyclones, tempêtes…), il en accentue, pour certains, leur fréquence, et pour d’autres, leur intensité. On observe par exemple que, si le nombre de cyclones n’a pas augmenté, leur intensité a en revanche bien progressé. Les catastrophes naturelles ont toujours existé – inondations, sécheresses, tempêtes, … – mais il est crucial de reconnaître que le réchauffement climatique en aggrave les effets. En exerçant une pression croissante sur nos infrastructures, le climat sera le facteur déterminant tout le reste, qu’on le veuille ou non. Les décisions politiques, sociales ou économiques devront, un jour ou l’autre, faire face à la réalité. Le tout est de savoir si l’on préfère attendre d’être contraint à modifier notre société, dans la souffrance et la tyrannie, où si l’on veut prévoir et s’en sortir indemnes. Malheureusement, cette question aurait dû être posée il y a 20 ans.

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