Israël frappe l’Iran en réponse aux attaques du 1er octobre 2024

Les frappes israéliennes et la stratégie de dissuasion
L’armée israélienne a mené des frappes sur l’Iran, ciblant une vingtaine de sites pendant plusieurs heures cette nuit en réponse à l’attaque de missiles lancée par Téhéran contre Israël le 1er octobre. Un porte-parole israélien a précisé que l’opération, baptisée « Jour du bilan », s’attaquait aux « moyens de production de missiles » iraniens, ainsi qu’aux systèmes de missiles sol-air et à d’autres capacités de défense aérienne.
Les autorités israéliennes ont fermé l’espace aérien du pays jusqu’à 8h30 heure locale (05h30 GMT) mais n’ont pas décrété d’alerte pour les citoyens. Israël a mis en garde l’Iran contre toute riposte, déclarant qu’ils seraient « obligé de répondre » à nouveau en cas de représailles.
Dégâts en Iran et réponse des autorités
L’Iran a confirmé que les frappes israéliennes avaient ciblé des bases militaires dans les provinces d’Ilam, de Khuzestan et de Téhéran, causant des « dégâts limités ». Les responsables iraniens ont d’abord déclaré que les objectifs d’Israël n’avaient pas été atteints, les dommages restant mineurs. Le système de défense aérienne iranien, décrit comme « intégré et multicouche », aurait fonctionné efficacement, permettant d’éviter des pertes humaines.
Mais à 10h09, un communiqué d’état affirme la mort de deux soldats : « L’armée de la République islamique d’Iran a perdu hier soir deux de ses combattants qui affrontaient des projectiles du régime criminel sioniste pour défendre ».
Ni l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran ni les autres aéroports n’ont fait l’objet d’attaques.
Les sites pétroliers et nucléaires iraniens ont également été épargné par l’attaque.
Le trafic aérien en Iran est revenu à la normale, comme l’a annoncé l’Organisation de l’aviation civile (CAO) ; les vols ont repris à 9h heure locale, et les principaux aéroports, y compris l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran, n’ont pas été ciblés. On semble donc assister à des frappes symboliques, sans dégâts matériels ou humains majeurs. La question reste de savoir si l’Iran ripostera, ce qui raviverait les tensions.
Réactions internationales et appels à la désescalade
États-Unis : La Maison Blanche a exprimé son espoir que les frappes israéliennes mettent fin aux échanges militaires directs entre Israël et l’Iran. Un responsable américain a déclaré que les États-Unis, bien que non impliqués dans l’opération, considèrent cette dernière comme un acte d’autodéfense israélienne. Le Pentagone a réaffirmé son engagement pour la sécurité d’Israël et pour la défense de ses alliés dans la région contre les menaces iraniennes.
« Nous exhortons l’Iran à cesser ses attaques contre Israël afin que ce cycle de combats puisse se terminer sans nouvelle escalade », a déclaré le porte-parole du Conseil national de sécurité de l’exécutif américain, Sean Savett.
« L’Iran a tiré des centaines de missiles sur l’Etat d’Israël lors de deux attaques en avril et en octobre 2024, il finance et dirige les activités terroristes via ses alliés au Moyen-Orient pour attaquer Israël », a déclaré de son côté l’armée israélienne dans un communiqué, ajoutant que l’Iran s’employait à « saper la stabilité et la sécurité régionales ainsi que l’économie mondiale ».
Malaisie : Le ministère des Affaires étrangères malaisien a condamné les frappes, qualifiant ces actions de « violation manifeste du droit international » et affirmant qu’elles compromettent gravement la sécurité régionale. La Malaisie a appelé à une cessation immédiate des hostilités.
Arabie saoudite : Le ministère des Affaires étrangères saoudien a dénoncé les frappes israéliennes comme une violation de la souveraineté iranienne. Riyad a exhorté toutes les parties à « faire preuve de retenue » pour éviter une escalade dans la région, avertissant des risques pour la stabilité régionale.
Irak : Le ministre des Transports, Razzaq Muhaibis al-Saadawi, a confirmé la reprise des vols civils après une brève suspension. Les autorités ont déclaré que toutes les mesures de sécurité nécessaires avaient été prises pour protéger l’aviation civile.
Le gouvernement irakien a mis en garde samedi contre les « conséquences dangereuses » résultant du« silence de la communauté internationale » face au « comportement brutal » d’Israël.
Dénonçant une « nouvelle agression contre l’Iran », par la voix de son porte-parole, Basim Alawadi, l’Irak a accusé Israël de poursuivre « l’expansion du conflit dans la région » avec des « attaques perpétrées dans l’impunité ».
Pakistan : Le Pakistan « condamne » les frappes israéliennes en Iran et juge Israël « entièrement responsable de l’escalade », pays qu’il ne reconnait pas officiellement.
Palestine : Le Hamas condamne « avec la plus grande fermeté » les frappes israéliennes sur l’Iran. Ces frappes sont « une violation flagrante de la souveraineté iranienne et une escalade qui menace la sécurité de la région », a écrit dans un communiqué le Hamas, soutenu par l’Iran et en guerre avec Israël dans la bande de Gaza depuis plus d’un an.
Grande-Bretagne : « Il est clair qu’Israël a le droit de se défendre contre l’agression iranienne, et il est tout aussi clair que nous devons éviter une nouvelle escalade régionale, et j’exhorte toutes les parties à faire preuve de retenue », Keir Starmer, premier ministre britannique.
Pakistan : Le Pakistan « condamne » les frappes israéliennes en Iran et juge Israël « entièrement responsable de l’escalade », pays qu’il ne reconnait pas officiellement.
Israël : Un avertissement préventif à l’Iran
Des sources israéliennes anonymes ont révélé qu’Israël aurait envoyé un message d’avertissement à l’Iran avant les frappes, conseillant à Téhéran de ne pas riposter. Bien que les détails de cet avertissement restent flous, il s’aligne avec les déclarations officielles israéliennes soulignant la volonté d’éviter toute escalade militaire.
Israël a annoncé que tous ses avions étaient rentrés sains et saufs après les frappes, une opération décidée lors d’une réunion entre le ministre de la Défense Yoav Gallant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et d’autres membres du cabinet. Les autorités israéliennes ont averti qu’elles disposaient de cibles supplémentaires en cas de représailles de l’Iran, signifiant que cette opération pourrait ne pas être la dernière si les tensions persistent.



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