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L’intelligence artificielle, nouvelle muse de l’art ?

L’intelligence artificielle (IA), les technologies immersives, les NFT ou encore la réalité virtuelle bouleversent le monde de l’art. 

Ces outils, à la croisée de la science et de la créativité, redéfinissent notre perception du réel et du vivant. Tout comme la photographie, qui au XIXᵉ siècle, avait révolutionné les pratiques artistiques. Ces innovations posent une question cruciale : sommes-nous témoins d’une évolution naturelle ou d’une véritable rupture culturelle ?

Un atelier d’inspiration; Renaissance 

Le collectif Obvious, pionnier dans l’utilisation de l’IA en art à Paris, a inauguré un laboratoire inédit. Ce lieu, pensé comme un espace de collaboration entre artistes et chercheurs, s’inscrit dans une dynamique proche des grands ateliers de la Renaissance. Les créations qui y naissent, mêlent l’intuition humaine à la puissance de calcul des algorithmes, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’art contemporain.

« L’objectif est de réconcilier la technologie et l’humanité en art », explique Hugo Caselles-Dupré, membre du collectif.

Quand la réalité virtuelle devient immersive 

L’artiste Dominique Gonzalez-Foerster explorait quant à elle, en 2023, au Casino de Luxembourg, l’univers de la réalité virtuelle avec son œuvre « Endodrome ». À travers cette installation multisensorielle, le public plongeait dans une expérience immersive où sons, lumières et projections s’entrelaçaient pour recréer une séance de spiritisme futuriste.

Munis de casques VR, les spectateurs se retrouvaient immergés dans un univers onirique, à mi-chemin entre le théâtre et la vision intérieure. « Cette œuvre est une invitation à perdre pied, à explorer nos propres mondes intérieurs », confie l’artiste.

Le « prompt art », une discipline numérique en plein essor 

Parallèlement, des outils comme DALL-E ou Midjourney popularisent un nouveau mode de création : le prompt art. Ces plateformes génèrent des œuvres à partir de simples descriptions textuelles ou « prompts ».

Grâce à des modèles d’apprentissage nourris par des milliards de données visuelles, elles produisent des images allant du surréalisme à un hyperréalisme troublant. Plus ces outils sont utilisés, plus leurs algorithmes s’affinent, flirtant parfois avec le génie créatif.

Un défi pour l’imaginaire humain 

Ces avancées ne sont pas sans rappeler les réflexions de l’artiste Jean Tinguely, qui déclarait : « La technique n’est rien, le rêve est tout. » Si l’IA étend les possibilités de l’art, elle n’en reste qu’un outil.

La véritable innovation repose sur la capacité humaine à exploiter ces nouvelles technologies pour rêver, surprendre et émouvoir. Cependant, ces transformations s’accompagnent de défis.

Quelle sera la place de l’artiste dans un monde où les algorithmes créent ? Comment préserver l’authenticité et l’originalité dans une ère où les modèles génératifs risquent d’homogénéiser l’imaginaire collectif ?

Un avenir à définir 

Pour certains, l’IA ne supplante pas l’artiste mais l’augmente, lui offrant des moyens d’expression inédits. « Ces outils élargissent les horizons mais ne remplacent pas l’humain. » estime un galeriste bruxellois.

Pour d’autres, ces technologies pourraient standardiser la création et diluer l’unicité des œuvres.

Quoi qu’il en soit, ces innovations redessinent les contours de l’art et suscitent autant d’enthousiasme que de débats. Si la technique progresse, l’essence même de l’art – le rêve – demeure, plus vivante que jamais. 

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