Le numérique au service de la traque des œuvres d’art volées
Le trafic illicite d’œuvres d’art menace gravement le patrimoine culturel mondial. Pour contrer ce fléau, l’UNESCO a annoncé en septembre 2022, lors de la Conférence mondiale Mondiacult, la création d’un musée virtuel dédié aux objets culturels volés. Ce projet a été initié en 2020 à l’occasion des 50 ans de la convention de l’UNESCO sur le trafic illicite des biens culturels, vise à sensibiliser le public et à faciliter la récupération des œuvres disparues.
Parallèlement, les forces de l’ordre ont adopté des outils numériques pour lutter contre le trafic d’art. L’application ID-Art d’Interpol, lancée en 2021, offre un accès à une base de données de plus de 52 000 objets volés. Elle utilise une technologie de reconnaissance d’images pour comparer des photos d’objets avec celles de la base de données, facilitant ainsi leur identification.
Des artefacts précieux, parfois issus de zones de conflit comme le Soudan du Sud, se retrouvent en vente sur des sites tels qu’eBay. Les autorités exhortent les collectionneurs à faire preuve de vigilance et à s’abstenir d’acquérir des objets dont la provenance est incertaine et douteuse. Par exemple, des initiatives individuelles contribuent également à la récupération d’œuvres volées; on peut citer le détective d’art autodidacte Clifford Schorer III a réussi à retrouver plusieurs chefs-d’œuvre disparus, dont des œuvres de Pissarro et Renoir, en menant des recherches approfondies avec des experts du marché de l’art.
Ici en Europe, l’Italie dispose du Commandement des carabiniers pour la protection du patrimoine culturel, tandis que le Royaume-Uni a créé la Metropolitan Police Art and Antiques Unit. Ces unités collaborent avec des experts et utilisent des bases de données pour identifier et récupérer des œuvres volées. En Belgique, par contre, la DJSOC est le point de contact de la Police Fédérale dans d’autres nombreux domaines : le trafic illégal d’œuvres d’art, la fraude sportive, le phishing..
En combinant initiatives institutionnelles, outils technologiques et participation citoyenne, la communauté internationale espère freiner le trafic illicite d’œuvres d’art et préserver ainsi le patrimoine culturel mondial.


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