EXPO : Love is Louder, l’amour sous toutes ses formes
Le BOZAR a choisi de placer l’amour au centre de sa nouvelle exposition. Le terme amour, qui fait principalement penser aux comédies romantiques, est complétement extrapolé à toutes les façons d’aimer au cours d’un parcours artistique.
Il existe des centaines de manières de percevoir l’amour et de le comprendre. Dans cette exposition, 80 artistes se sont exprimés sur la grande question de l’amour. Du Summer of Love (été 1967) jusqu’aujourd’hui, chacun utilisant sa propre technique. On peut se retrouver devant un tableau exprimant le bonheur d’être avec sa moitié, devant une vidéo montrant la difficulté du coming out à ses parents ou devant une sculpture montrant l’amour comme une arme contre tout type de conflit. L’exposition se tient au BOZAR jusqu’au 5 janvier 2025.
Love is Louder, une œuvre de Sam Durant et le titre de l’exposition

Le nom de cette exposition n’est pas un hasard. Love is Louder est en effet une œuvre faisant partie d’un projet artistique, portant le même nom, de Sam Durant.
Durant est un artiste multimédia, très engagé dans les causes sociales, politiques et culturelles. Il utilise et recadre les récits historiques américains pour montrer leur importance dans les différentes questions sociales d’aujourd’hui. Love is Louder est comme une question posée par l’artiste. Celui-ci nous demande : l’amour crie plus fort mais plus fort que quoi ? Chacun peut avoir sa propre interprétation et réponse à cela (la guerre, les disputes, la perte…).
L’œuvre fait aussi partie d’un projet plus ambitieux de l’artiste. Il a effectué un travail de recherche avec des images d’archives de manifestation, en s’intéressant plus particulièrement aux slogans percutants écrits sur les pancartes des manifestants. Durant les a réutilisés et les a retransformés pour les transposer sous forme d’enseignes lumineuses laissant ainsi à chacun sa propre interprétation. Décontextualisée, Love is Louder est devenue une œuvre à part entière.
L’amour sous toutes ses facettes
Cette exposition est divisée en trois parties distinctes.
On débute par l’interprétation de l’amour la plus connue qui est l’amour amoureux. Cette partie nous montre la passion et le romantisme dans les prémices du couple. Ce flirt qui est à mi-chemin entre l’enfantin et l’attirance soudaine.
À travers diverses œuvres, les artistes s’expriment sur la sensualité, la sexualité et l’érotisme de la vie de couple. Ceux-ci s’expriment aussi sur la durabilité dans l’amour, notamment l’artiste portugaise Helena Almeida qui, au cours d’une œuvre filmée, se montre elle et son mari attachés à la cheville l’un de l’autre. Helena resserre leurs liens, des fils de fer, petit à petit. Avec cette performance, elle nous invite à réfléchir sur la durabilité d’un couple et sa capacité à vivre ensemble.

Ce chapitre se clôture par la rupture, la douleur qu’elle provoque et la solitude qu’elle suscite. Des artistes ont transformé cette douleur en œuvre d’art, comme l’a fait Jeffrey Gibson dans son œuvre Too Much Love (2023). Il a décoré un sac de frappe avec des perles, des tissages et des franges afin de créer une véritable œuvre d’art. Il évoque, via celle-ci, la rage de l’adoration de l’autre et la complexité de tomber amoureux tout en évoquant le combat entre les émotions ressenties lors d’une séparation.

Ensuite, l’amour familial et les relations amicales prennent le dessus, nous montrant que l’amour n’est pas que des rencontres fortuites et de la passion débordante. Cette partie se concentre sur le lien familial, mais les artistes ne se sont pas arrêtés aux familles classiques. Ils ont réalisé des œuvres avec des représentations de l’amour familial débordant du cadre des liens biologiques. Certains artistes se sont concentrés sur l’aspect physique de l’amour parents-enfants ou celui entre enfants d’une même famille.
Dans l’œuvre vidéo de Elke Andreas Boon The Combing (2014), on voit deux sœurs jumelles en train de se brosser mutuellement les cheveux au rythme d’une valse. Cette danse lente et banale au début se transforme petit à petit en une chorégraphique déséquilibré et agressive.

L’autre vision exposée de l’amour parental est plus centrée sur la transmission de génération en génération et sur l’intimité d’une relation entre un parent et son enfant. Anna Maria Maiolino montre cette transmission et ce lien intime dans son œuvre Por um fio. Dans cette photographie mêlant poésie et action, l’artiste se présente entre sa mère et sa fille, toutes trois avec un bout de ficelle les reliant les unes aux autres. Cette ficelle représente le lien émotionnel et culturel qui traverse les générations.

Cette partie de l’exposition parle aussi de l’amitié, qui est un aspect de l’amour souvent négligé et oublié. L’amitié joue pourtant un rôle très important dans la vie de chacun. C’est cet amour platonique que Fernando Marques Penteado nous montre dans son œuvre et histoire fictive Meet me at the finger buffet. L’artiste a installé une véritable scène illustrant l’amitié masculine. Celle-ci nous raconte l’histoire d’un belge et de ses retrouvailles avec un ami de jeunesse. Au centre de la pièce est exposée une table avec plusieurs dessins décrivant leurs conversations à propos du buffet. Ceci démontre l’importance de la nourriture quand on invite des amis chez soi.

L’exposition s’achève sur l’amour de sa communauté, de son groupe social ou même du collectif en général en nous demandant comment créer une société à partir de l’amour, de l’échange et de la solidarité. Cette partie met l’accent sur les changements que l’amour a provoqué, principalement dans les années 60 et qu’il continue de provoquer encore aujourd’hui. Les artistes abordent des sujets comme la révolution sexuelle et sociale qui s’est déroulée dans les années 60, mais aussi la stigmatisation sexuelle et l’impact qu’elle a eu, la naissance de l’amour libre et les débuts de l’importance de la visibilité de la communauté LGBTQ+.
L’œuvre principale de ce chapitre, qui a aussi été reprise pour l’affiche de l’exposition, est le triptyque de Evelyne Axell Le joli mois de mai (1970). Le titre fait directement référence aux révolutions estudiantines de Mai 68 et a l’engouement qu’elles ont lancées. L’artiste réalise dans la partie centrale de l’œuvre, une véritable déclaration à la liberté sexuelle et à l’amour. La figure en arrière-plan, qui fait directement référence au tableau La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, tient fièrement un drapeau de la couleur rouge révolutionnaire ou du rouge de l’amour. Axell a cassé les règles du triptyque classique en sortant le drapeau de son cadre tout comme les étudiants de 68 ont brisé les conventions sociales et l’ordre qui étaient établi. Sur la partie droite du tableau, on peut y voir un autoportrait de l’artiste nue avec comme symbole de paix les lunettes de John Lennon et dans une main un pinceau représentant son art. Cette partie est un signe fort de revendication et de liberté qu’elle démontre avec son pinceau et son corps. L’artiste représente sur l’autre partie du triptyque Pierre Restany, un célèbre historien de l’art, en porteur de parole et de liberté de l’art. Celui-ci a, durant Mai 68, pris la folle décision de fermer le Musée National d’Art Moderne de Paris en prétextant « une inutilité publique » ce qui a inspiré Evelyne Axell pour ce dernier panneau.

Une exposition a absolument aller voir. Elle est exposée au BOZAR jusqu’au 5 janvier 2025. N’hésitez pas une seconde à y aller avec vos amis, votre famille ou même votre moitié pour y passer un bon moment !
Informations pratiques
Horaires :
- Lundi FERMÉ
- Mardi 10:00 → 18:00
- Mercredi 10:00 → 18:00
- Jeudi 10:00 → 18:00
- Vendredi 10:00 → 18:00
- Samedi 10:00 → 18:00
- Dimanche 10:00 → 18:00
Lieu :
- BOZAR (Rue Ravenstein 23 1000 BRUXELLES)
Tarifs :
- Standard → 16€
- <30 ans → 8€


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