Communales 2024 : Forza Ninove ou la politique du rejet
Écrit par Tanguy Cloetens

Guy D’haesseleer, président du parti Forza Ninove – © Commons.wikimedia.org
C’est malheureusement historique, mais pour la première depuis 1945, l’extrême droite gouvernera une commune en Belgique. Cet évènement fait suite aux résultats des élections communales à Ninove où la liste Forza Ninove, menée par le nationaliste et identitaire Guy D’haeseleer du Vlaams Belang, a obtenu une majortié absolue. Avec leurs 18 sièges sur 35, les séparatistes pourront gouverner la ville comme bon leur semble.
Ninove aux néerlandophones !
« Les habitants de Ninove en ont assez des étrangers francophones venant de Bruxelles», déclarait Guy D’haeseleer, leader de Forza Ninove, lors d’un débat avec Bart Somers (bourgmestre de Malines, open vld) le 9 octobre dernier. Dans le cadre de son programme, D’Haeseleer propose de concrétiser ses paroles en privant les non-néerlandophones de l’accès aux avantages et aux logements sociaux. Cette politique du « nous contre eux » est renforcée par des propos qu’il a tenus en mai dernier, où il invitait les francophones souhaitant quitter Bruxelles à s’installer en Wallonie, « là où les gens parlent français », plutôt qu’à Ninove.
Toujours dans leur programme, les membres de Forza Ninove prévoient d’installer des panneaux le long des routes indiquant « Ninove, ville flamande ». Ils souhaitent également que la ville n’accorde des subventions qu’aux associations sociales, culturelles ou sportives qui opèrent exclusivement en néerlandais. En outre, les stands du marché seraient réservés aux vendeurs utilisant la langue flamande.
Le parti extrémiste entend également mettre un terme à ce qu’ils appellent « l’islamisation » en cessant de proposer des repas halal et sans porc dans les écoles. Forza Ninove réaffirme sa volonté de stopper l’immigration dans la ville, précisant que les résidents étrangers n’y ont leur place que s’ils s’intègrent pleinement, respectent les lois et les normes locales, et adoptent les valeurs flamandes. Ils rejettent fermement ceux qui, selon eux, abusent du système social ou tentent d’imposer leur propre culture, affirmant que « l’hospitalité a des limites ». Ce type de discours, centré sur le rejet de l’autre, est récurrent chez les partis d’extrême droite en Europe.
Il y a la liste, et le leader…

En 2018, Guy D’haeseleer avait fait polémique après la résurgence de plusieurs posts racistes sur ses réseaux sociaux, dont un de mars 2017 qui, à l’époque, avait fait son boucan.
Il avait publié une photo d’enfants noirs se baignant dans l’eau en ajoutant le commentaire : « Debout tôt pour préparer la mousse au chocolat pour notre festin Breughel. »
La situation s’était encore plus détériorée lorsque des sympathisants de Forza Ninove avaient été photographiés en train de faire des saluts nazis lors de la célébration de leur victoire en 2018. « Il ne s’agissait pas de saluts nazis, mais de signes visant le local de l’open vld » s’était défendu le meneur séparatiste.
Dans ce contexte sans précédent en Belgique, il sera crucial de suivre attentivement l’évolution de la situation politique à Ninove. Cela permettra d’observer de près comment se transforme la gestion d’une commune dirigée par un parti d’extrême droite, et d’analyser les répercussions potentielles sur la vie locale et le paysage politique national.



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