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Affaire du CPAS d’Anderlecht : réactions politiques

On apprenait il y a quelques jours, via une longue enquête de la VRT, que le CPAS d’Anderlecht a octroyé des revenus d’intégration sociale (RIS) à des étudiants non domiciliés dans la commune. Deux journalistes de la VRT ont quant à eux reçu pas moins de 7000 euros d’aide financière. Tout cela n’a pas manqué de faire jaser dans la sphère politique belge.

Dans cette affaire, deux hommes sont directement mis en cause. L’ancien président du CPAS d’Anderlecht, Mustapha Akouz (PS), mais également celui qui en est l’actuel depuis juin dernier, Lotfi Mostefa (PS). Ces deux hommes sont accusés de clientélisme, d’enquêtes sociales bâclées et d’aides trop facilement et rapidement octroyées. Dans l’enquête de la VRT, deux journalistes, « Arnaud » et « Lina », révélaient avoir eu accès à une aide à hauteur de 7000 euros sans avoir eu de confirmation de leur domiciliation par le CPAS ni de visite au domicile desdits demandeurs.

La ministre fédérale Karine Lalieux ayant la tutelle des CPAS dit « ne pas en avoir été informée ». Elle s’explique sur le suivi de ces centres : « Le fédéral, il est là pour quoi ? Pour s’assurer que les revenus d’intégration sociale sont octroyés dans la légalité. Deuxièmement, donner les moyens au CPAS. Troisièmement, contrôler les CPAS. […] ».

Selon Gilles Verstraeten, député bruxellois NVA, la révélation de ces pratiques n’est pas une grande surprise. Il ose même s’offusquer sur d’autres potentielles communes touchées : « C’est peut-être le cas dans d’autres villes comme Molenbeek et Bruxelles-ville. »  Le député se plaint d’un clientélisme et s’insurge même d’un « contrôle (du Service public fédéral de programmation, NDLR) qui ne fonctionnerait pas.

Ce jeudi, Karine Lalieux a été submergée de questions de tous les côtés au Parlement fédéral. Elle assure que ce qu’elle a vu est « totalement inacceptable ». Elle n’a cependant reçu aucun soutien dans l’hémicycle, pas même de Vooruit et d’Anja Vanroabeys qui se dit très déçue des réponses de la ministre : «  Vous menez des contrôles seulement après le reportage. » C’est inacceptable pour nous. » Les différents partis, notamment le CD&V, se sont empressés d’interpeller la ministre par l’intermédiaire de son président Samy Mahdi qui se questionnait : « Comment allons-nous faire pour mettre un terme au clientélisme de la gestion du PS ? »

Une période compliquée donc pour la socialiste d’un gouvernement en affaires courantes. Elle devra également rendre des comptes devant la commission des affaires sociales la semaine prochaine. L’histoire est donc loin d’être finie et sortir de cet enlisement sera difficile pour Karine Lalieux et ses comparses.

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