Pokemon TCGP : pourquoi le jeu est interdit en Belgique ?
Depuis 2018, la Belgique a pris des mesures drastiques pour encadrer les pratiques liées aux loot boxes dans les jeux vidéo. Cette interdiction s’appuie sur une classification des loot boxes comme une forme de jeu de hasard, soumise à une régulation stricte similaire à celle des casinos. La décision a marqué une rupture dans l’industrie vidéoludique, attirant à la fois des éloges et des critiques, tout en modifiant durablement le paysage des microtransactions. Pokémon TCGP n’échappe pas à la législation belge à cause de l’achat possible de packs.
Historique de l’interdiction
L’interdiction des loot boxes en Belgique trouve ses origines dans une étude réalisée par la Commission des jeux de hasard en 2017. Cette enquête a révélé que plusieurs jeux vidéo, comme FIFA 18 ou Overwatch, utilisaient des systèmes proches des jeux de hasard. Les loot boxes incitaient les joueurs à dépenser de l’argent réel pour des contenus virtuels obtenus de manière aléatoire. Cela s’apparentait à une roulette de casino, sans garantie de recevoir un objet d’une valeur équivalente.

En avril 2018, la Commission a officiellement demandé le retrait des loot boxes dans les jeux vidéo. Elle a également menacé les éditeurs ne respectant pas cette décision de sanctions allant jusqu’à 800 000 euros et cinq ans de prison. Les jeux destinés à un public mineur risquaient des peines encore plus lourdes.
Quels jeux sont touchés ?
L’interdiction a eu des répercussions immédiates sur des jeux phares. Par exemple, EA a retiré les loot boxes de FIFA Ultimate Team en Belgique après des mois de résistance, évitant ainsi des poursuites judiciaires. Rocket League a également supprimé ses coffres aléatoires, les remplaçant par un système de microtransactions transparentes. En revanche, d’autres éditeurs comme Blizzard ont décidé de ne plus distribuer leurs jeux comme Heroes of the Storm en Belgique.
Certains éditeurs ont trouvé des moyens de contourner l’interdiction. Genshin Impact utilise un système de « Pity », garantissant aux joueurs un objet rare après un certain nombre de tentatives. Cette approche, bien qu’aléatoire, répond aux exigences légales en Belgique, où le risque d’addiction lié à l’incertitude est strictement encadré.

Aujourd’hui, on parle évidemment de la nouvelle application à succès : Pokémon TGCP. L’application publiée le 30 octobre 2024 a déjà plus de 30 millions d’utilisateurs et a rapporté plus de 12 millions de dollars durant sa première semaine.
La frustration des joueurs
La loi avait pour but initial de protéger les mineurs qui ne sont pas conscients de leurs dépense et de possibles addictions. Néanmoins, l’État belge a affirmé, à l’époque, ne pas être en disposition de contrôler systématiquement l’âge des joueurs. La décision a donc été plus radicale avec une loi visant tous les utilisateurs, peu importe leur âge.
La loi d’avril 2018 a créé une réelle frustration, notamment chez les adultes. En effet, elle limite leur accès à certains contenus ou titres populaires. La récente sortie de Pokémon Trading Card Game Live (TGCP) a ravivé ces tensions. Le jeu, qui intègre des loot boxes pour ses packs numériques, n’est pas disponible en Belgique. Ce choix a privé les fans de la licence d’une expérience qu’ils attendaient avec impatience. Compte tenu du succès du jeu et de la couverture médiatique dont celui-ci bénéficie. La frustration est grande chez les fans belges de la licence Pokémon.
Pour contourner l’interdiction, de nombreux joueurs utilisent des solutions comme les VPN ou créent des comptes étrangers. Ces pratiques permettent d’accéder au contenu, mais elles ne sont pas officielles et comportent des risques, notamment la perte d’accès à un compte si l’éditeur détecte une infraction aux conditions d’utilisation.
Les débats autour de l’interdiction
L’interdiction des loot boxes divise profondément. Les défenseurs de la régulation estiment qu’elle protège les consommateurs, particulièrement les mineurs, des dangers de l’addiction et des dépenses excessives. En effet, les études montrent que les loot boxes partagent des mécanismes psychologiques similaires aux jeux d’argent. Cela inclut la stimulation par récompense imprévisible et l’incitation à dépenser davantage pour « réessayer ».
En revanche, les critiques de l’interdiction dénoncent une approche trop stricte. Selon eux, elle pénalise les joueurs responsables et limite la liberté des développeurs de créer des modèles économiques viables. Certains soutiennent qu’une meilleure éducation des consommateurs, accompagnée de garde-fous comme des probabilités affichées, suffirait à encadrer les loot boxes sans les interdire totalement.
Des solutions pour réconcilier joueurs et régulateurs
- Des versions adaptées des jeux
Les éditeurs pourraient développer des versions spécifiques pour le marché belge, sans loot boxes ou avec des systèmes alternatifs. - Microtransactions sans hasard
Une autre option consiste à remplacer les loot boxes par des microtransactions transparentes, où les joueurs achètent directement les contenus désirés. - Systèmes de probabilités garanties
Certains jeux utilisent déjà des mécaniques garantissant des récompenses après un certain nombre de tentatives, réduisant ainsi le caractère aléatoire. - Encadrement strict mais non prohibitif
La mise en place d’un cadre légal imposant des limites de dépenses ou une restriction d’accès selon l’âge pourrait offrir un compromis.
Impacts sur l’industrie vidéoludique
L’interdiction belge a inspiré d’autres pays à envisager des régulations similaires. Les Pays-Bas ont également pris des mesures contre les loot boxes, bien que moins strictes. Cependant, la Belgique reste l’un des seuls pays à appliquer une interdiction totale, ce qui fait d’elle un cas d’étude unique.
Pour l’industrie, cette décision a été un signal d’alarme. Les éditeurs ont dû repenser leurs stratégies économiques, en explorant des alternatives comme les abonnements ou les contenus téléchargeables payants. Cependant, certains titres, comme Fortnite, ont conservé leur popularité grâce à des modèles économiques flexibles et adaptés.
L’interdiction des loot boxes en Belgique reflète une volonté de protéger les joueurs, mais elle soulève également des questions sur la liberté de choix et l’équilibre économique de l’industrie vidéoludique. Si cette mesure a permis de mettre en lumière les dérives de certaines pratiques, elle a également frustré une partie de la communauté. La recherche d’un compromis semble essentielle pour concilier protection des consommateurs et innovation dans les jeux vidéo.
Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter cet article détaillé de Jeuxvideo.com mais également cet article de RTL.



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